vendredi 7 janvier 2022

L'eau, les réformes et le développement de la Chine dans les années 50



Cette photographie marque le dernier post de ce billet de blog. Il sort de la décennie, avec cette photo de Liu Shaoqi inspectant le futur site du Barrage de Trois Gorges. Ce cliché est un parallèle du premier cliché de ce billet où nous pouvons voir Mao Zedong en visite du fleuve Yangzi, en 1953. Ce document représente la fin des années 50 avec la transition aux années 60, où Liu Shaoqi en sera le Président du Parti la majeure partie.

Sur cette photographie en noir et blanc de 1960, nous pouvons voir Liu Shaoqi, actuel président du Parti Communiste chinois en visite sur le futur site du grand barrage des Trois Gorges. Il est entouré de nombreuses personnes l'accompagnant et l'aidant à l'inspection du terrain. Le barrage n'est pas encore en construction cette année-là. Sa construction ne débutera qu'en 1994, pour se terminer en 2003. Il est aujourd'hui le plus grand barrage et le plus grand producteur d'électricité au monde. Malgré tout, sur ce cliché, nous pouvons voir Lieu Shaoqi investit, en visite officielle comme le fait Mao.

Le successeur de Mao a pris le pouvoir le 27 avril 1959 jusqu'au 31 octobre 1968. Les années 60 seront celles de Liu Shaoqi. Cependant, durant toute cette période, Mao sera toujours aux rênes du Parti, dans l'ombre. Cette passation des pouvoirs a été forcée par l'échec des différentes réformes du Grand Bond en Avant menées par Mao, de 1958 à 1960. Cette campagne était caractérisée par une production forcée des agriculteurs, une réorganisation des campagnes et une production agraire dans les « communes collectives du peuple » causant cependant une grande vague de famine et la mort de millions d'agriculteurs et d'habitants du pays. Le Grand Bond en Avant est alors lié à la Grande Famine qui s'abattra sur la Chine de 1958 à 1962. Cette Grande Famine a été d'une grande violence pour la population, la nation et le Parti. Le nombre officiel de morts déclarés jusqu'à aujourd'hui en Chine ne correspond pas aux estimations de chercheurs contemporains, qui estimeraient le nombre de victime à plusieurs dizaines millions. La violence de cette période, la corruption qui nécrosent les structures locales du gouvernement à travers tout le pays vont amenés Mao Zedong à se retirer du pouvoir et y laisser sa place à un successeur dont le choix n'est pas laissé au hasard.

Ce dernier a fait ses preuves au sein du Parti : il adhère au Parti communiste dès 1921, il devient Secrétaire Général du PCC de la province du Fujian en 1932 et participera à la Longue Marche de 1934 à 1935. Son travail sera surtout remarqué par ses actions quelques années plus tard, lors des mouvements anti-japonais alors qu'il est Secrétaire Général pour la Chine du nord. Son arrivée au pouvoir est expliquée par l'intérêt que les dirigeants en place ont pour lui et ses compétences.  Dès 1959, il sera alors le président du Parti.

Pour ce qui est de la photo, elle montre les débuts de sa prise de fonction pendant cette période troublée en Chine. Les conséquences du Grand Bond en Avant se verront plutôt aux débuts des années 60, avec la découverte de la détresse des agriculteurs face à la demande grandissante de leur production et malheureusement inatteignable pour eux. En parallèle de ce drame, la Chine mène aussi de grands travaux de barrages pour irriguer ses terres et créer des réservoirs hydroélectriques à travers le pays. De nombreux projets seront menés sur le fleuve Yangzi, dont celui du barrage des Trois Gorges. Cependant, ces différends projets, bien que grandioses et ambitieux, ont eux aussi leurs conséquences néfastes. En effet, les populations locales se retrouvent souvent déplacées pour laisser place aux travaux de construction, longs dans le temps et important en surface. Le barrage seul demandera la migration forcée de près de 1,5 millions de personnes et tous les aménagements du Yangsi seul forceront près de 10 millions de personnes à quitter leurs terres. Toutes ces migrations commenceront dès 1949, avec la prise du pouvoir par le Parti Communiste qui entamera de nombreux projets de contrôles des eaux à travers le pays.

Les années 50 sont marquées par l'arrivée au pouvoir du Parti et les différentes réformes entreprises. Les réformes agraires demandent de nombreux investissements du pays, mais plus particulièrement de la population avec entre autres : travaille agricole dans les campagnes, migration forcée de la population, travaille de construction et de développement du pays. Il y a ici une volonté de changement rapide qui amènera à un développement du pays, mais aura malheureusement de graves et tragiques conséquences dès la décennie suivante.




Mao est ici en visite sur un bateau de la Marine chinoise et rencontre son équipage. Les marins sont jeunes et sont alignés, en uniforme.

En 1953, le pouvoir est revenu il y a peu au Parti Communiste de Mao. Il s'agit d'un communisme de guerre et l'enjeu durant ces premières années est d'enraciner le pouvoir du Parti dans le pays. Cette première étape de démonstration de force sera suivie durant cette décennie par les diverses grandes réformes qui traverseront le pays et qui montreront la volonté de reconstruction de la Chine. Les plus connues sont les réformes agraires, mais aussi celles de relance de l'économie. Les années 50 marqueront aussi la décennie où le "yuan" ( ou "renminbi" - 人民币 - soit la "monnaie du peuple") devient la seule monnaie légale en circulation en Chine à partir de 1951.

Pour revenir aux forces militaires, cette visite de la Marine en 1953 montre l'importance qu'accorde Mao à ses forces armées. Le nom officiel de la Marine chinoise est la Marine de l'Armée populaire de libération - Zhōngguó Rénmín Jiěfàngjūn Hǎijūn 中国人民解放军海军. La Marine de l'APL a été fondée le 23 avril 1949 et a fêté son 70e anniversaire le 23 avril 2019 dans la province du Jiangsu, dans l'est de la Chine (province située directement en-dessous de la municipalité de Shanghai). Comme son nom l'indique, la Marine est un des corps de l'Armée populaire de libération - Zhōngguó Rénmín Jiěfàng Jūn 中国人民解放军 - de Chine. Le nom donné à l'armée chinoise renvoie à l'histoire de la Chine à une époque où le pays veut se détacher des souvenirs d'occupations de forces étrangères (différents empires tels que les mandchous de la dernière Dynastie impériale en Chine, les Qing, ou encore les tentatives d'invasions japonaises et soviétiques, récurrentes au début du siècle dernier). Il y a une volonté d'indépendance et l'importance des forces armées n'est que renforcée. L'armée est en Chine l'un des trois piliers du régime avec le Parti et l'appareil d'état - dǎng zhèng jūn 党政军 -, montrant la place principale qui lui est accordée. Pour Mao, à cette période, montrer un intérêt à sa force militaire est un moyen d'assurer la pérennité de son pouvoir et de son parti. Avoir l'armée à ses côtés est une force et une nécessité. Cela reste vrai encore aujourd'hui en Chine.

L'utilité de l'armée au pouvoir en place est certaine, cependant, son rôle et ses objectifs évoluent au fils du temps, selon les époques. Les relations qu'entretiennent l'armée et le pouvoir politique chinois sont complexes et étroites. Elle sert à la fois à défendre la nation, sécuriser son territoire, protéger le peuple, mais sert aussi à asseoir le pouvoir et l'autorité du pays, elle est aussi un outil diplomatique ou de répression. L'enjeu de la sécurité du pays peut aussi se décliner en sécurité diplomatique, territoriale, politique, sociétale ou encore environnementale par la préservation des écosystèmes en eaux territoriales chinoises dans le cas de la Marine. La Chine s'est développée grâce à sa force dure et garantit encore aujourd'hui sa place au niveau régional et mondial par des démonstrations de forces récurrentes.

En 1949 cependant, la Marine n'est encore que très peu développée. Dans les eaux de la région, la Chine n'est pas encore la puissance qu'elle est aujourd'hui. Sa place régionale n'étant pas assurée, elle ne l'est pas non plus dans le monde. Elle se développe dans les années 70, avec un budget important qui va lui être accordée pour se développer et augmenter le nombre de ses sous-marins notamment, passant de 35 à 100. Dans les années 90, la Marine continuera son développement en accordant cette fois une plus grande importance à la qualité de ses équipements. Plus récemment, en 2020, la Marine chinoise est devenue la plus grande flotte en monde. Elle se compose de 350 bateaux et sous-marins et dépassent ainsi la flotte américaine, passée deuxième plus grande flotte mondiale. La Chine se développe, ses forces armées grandissent et grossissent. Ce lien étroit entre pouvoir et forces armées reste une des caractéristique de la République Populaire de Chine.



Sur cette image, nous pouvons voir des femmes portant des matériaux pour la construction du barrage de Danjiangkou - 丹江口市 Dānjiāngkǒu - en 1959. Nous pouvons voir que cette construction est importante et n'est pas encore terminée à cette période. La femme en premier plan semble souriante, celles derrière semblent se concentrer sur le chemin devant elles. En arrière plan, nous pouvons voir des hommes travaillant eux aussi et observant la scène pour certains. Les femmes travaillent ensemble. À cette époque, le gouvernement central demandait aux femmes du pays de participer aux efforts et aux travaux manuels. Il n'y a avait pas non plus de distinction entre les sexes. Leur féminité est effacée par le port d'habits unisexes et notamment des pantalons. Elles faisaient partie de la force de travail du pays. La construction du barrage

Quant au projet de barrage, il s'inscrit dans la volonté de moderniser le pays, le développer et relancer son économie. Ce barrage est produit de l'électricité, primordial pour le développement et son commerce. Ce barrage est situé dans la province du Hubei - Húběi 湖北 - au centre-est de la Chine, sur la rivière Han - Hànjiāng 汉江 -, un des plus importants affluents du Yangzi Jiang. Cette rivière traverse d'ailleurs plusieurs provinces, par sa trajectoire d'ouest en est, telles que le Shanxi, le Henan et le Hubei, province du barrage. La construction de ce dernier a débuté en 1958, un an avant la prise de ce cliché, et s'est achevée en 1973. Son réservoir, comme pour beaucoup d'autres barrages, sert de réserve d'eau mais permet aussi l'irrigation des terres de la région, la production d'électricité ainsi que le contrôle des eaux pour éviter un risque d'inondations. Ce projet lancé à la fin des années 50 est grand et le barrage est aujourd'hui l'un des plus grand de Chine. Son réservoir a une capacité de plus de 17 milliards de mètre cube, cependant encore bien de celui des Trois Gorges - Sānxiá dàbà 三峡大坝 -, plus grand barrage de Chine et au monde. Ce dernier peut lui contenir 39 milliards de mètre cube, faisant de lui la plus grande centrale hydroélectrique au monde. Il a cependant été construit bien après celui de Danjiangkou. Sa construction a débuté en 1994, pour se terminer en 2008.

En Chine, plusieurs barrages construits avant les années 2000 figurent dans les plus grands du pays. Celui de Danjiangkou, situé après deux autres en termes en termes de capacité : le barrage de Longyangsha - Lóng yáng xiá 龙阳啥 - dans le Qignhai, et le Xinanjiang - Xīn ānjiāng 新安江-  dans le Zhejiang. Cependant, celui de Danjiangkou se démarque par le projet récent de transfert des eaux sud-nord, qui s'est achevé en 2014. Un ensemble de canaux a été créé pour irriguer les régions nord du pays. Ce grand projet débuté en 2002 répond à un problème de sécheresse dans certaines régions de Chine, plus particulièrement au nord. Le Fleuve Jaune s'est asséché plusieurs fois ces dernières décennies et le Yangzi, par les différents canaux, vient irriguer son fleuve voisin. Le barrage de Danjiangkou, situé sur le Yangzi, va servir de point de départ d'un canal qui va acheminer de l'eau jusqu'à Zhengzhou sur le Fleuve Jaune. Ce canal sera de plus allongé pour pouvoir irriguer aussi les villes de Pékin et Tianjin, au nord du pays. Ce grand projet de "canal Sud-Nord" a demandé le déplacement de plusieurs centaines de milliers d'habitants vivant autour du barrage-réservoir. Cela avait également été le cas à la fin des années 50 pour le début de la construction du barrage. Le contrôle des eaux a toujours éte et est toujours un défis pour la Chine. Ces différents projets de grande ampleur montre son ambition de contôle mais aussi ses capacités à réaliser de tels projets. Cette photo de la construction du barrage montre ici l'ampleur des travaux, la mobilisation des populations par le gouvernement pour accèder à ses objectifs, mais aussi cette envie de développer son pays face aux défis que représente un si grand territoire.




Cette photo représente l'équipe de natation de Guangzhou qui a été prise en 1953. Cette photo de groupe illustre cette équipe nationale et dont la Fédération nationale de natation a été créée à Tianjin la même année.

L'équipe de natation de Guangdong s'est développée à cette époque. Elle a été envoyée en mai 1955 en Hongrie, à Budapest pour y étudier et s'entrainé pendant un an et demi. Les entraineurs ont eux aussi reçu une formation et des entrainements par les entraineurs hongrois. En parallèle, l'équipe de natation soviétique s'est elle rendue en Chine en 1955, du 20 août au 15 septembre, pour participer à une Commission nationale des sports tenue à Guangdong. L'équipe soviétique a participé à différents matchs amicaux à , Shanghai, Pékin et Guangdong. Elle a aussi tenu des conférences et des séminaires sur la formation et l'entrainement des équipes mais aussi sur les règles d'arbitrage en natation. L'équipe de Guangdong a elle observé et appris de ces échanges. En avril 1956, c'est cette fois un expert soviétique, Popov, qui a donné un cours national sur la formation des entraineurs en natation à Guangdong. Une femme a cette fois participé : Feng Miaoyuan - Féng Miàoyuàn 冯妙苑 . L'année 1958 va elle marquer les premiers Jeux Nationaux de natation de Chine. Trois groupes d'entrainement vont être créés à Guangdong avec 108 membres et 30 entraineurs. Les entraineurs compteront d'ailleurs plusieurs autres femmes, autre que Feng Miaoyuan. Pour ce qui est des entrainements, ils sont à la fois terrestres et aquatiques. En 1965, les deuxièmes Jeux Nationaux vont avoir lieu. Cette année-là, un entraineur japonais conseillera l'équipe de Guangdong et cette dernière gagnera pour la première place pour les épreuves en équipes féminines et masculines. En 1973, les troisièmes Jeux Nationaux auront lieu, un an avant les Jeux Asiatiques de 1974 qui auront lieu à Téhéran, en Iran. La préparation des équipes cette année est marquée par la standardisation des entrainements inspirés des méthodes des précédents vainqueurs de l'équipe chinoise, avec l'accent sur la force de bras, la vitesse et la flottabilité ou encore l'endurance. Avec les années, les entrainements ont vu leur intensité se renforcer. Les distances parcourues en mètres et par années par les nageurs professionnels augmentent d'années en années. En 1986, la moyenne par nageurs était de 800 000 à 900 000 mètres et allant jusqu'à 2,2 millions de mètres en une année pour des athlètes exceptionnels tel que Lin Laijiu - Lín Láijiǔ 林来九 . Les athlètes profitent aussi d'entrainement adaptés pendant les périodes hivernales et se rendent parfois à l'étranger pour recevoir des formations spéciales.

Ainsi, depuis les années 50, la place de la natation s'est modifiée en Chine et notamment dans le Guangdong. Le rôle des entraineurs a lui aussi changé.

En 1953, plusieurs hommes ont créé une équipe de natation amateur dans le Guangdong. Cette équipe comprenait une trentaine de membres. L'année suivante, des équipes de natation se sont développées dans les différentes piscines municipales de la province et les entraineurs étaient pour la plupart des maîtres-nageurs ou des nageurs aguerris et volontaires pour enseigner la nage. Les niveaux variaient entre débutant et intermédiaire et les équipes comprenaient de jeunes étudiants, des hommes et des femmes. L'intérêt pour la natation se développe de plus en plus et de 1956 à 1958, le Comité des Sports de la province a publié différents instructions telles que "La pratique active de la natation" - guānyú jījí kāizhǎn yóuyǒng yùndòng de zhǐshì《关于积极开展游泳运动的指示》 -, un "Avis sur le renfoncement de la sécurité de la natation -  jiāqiáng yóuyǒng ānquán gōngzuò de tōngzhī 《加强游泳安全工作的通知》- et "La fin de la routine, la pratique de la natation en hiver" - dǎpò chángguī, kāizhǎn dōngjì yóuyǒng yùndòng《打破常规,开展冬季游泳运动 》. Les piscines municipales créent aussi des écoles pour les plus jeunes. Des écoles de sport amateurs se créeront aussi par la suite. L'équipe de Dongguan, créée en 1954, gagne en 1958 une compétition de natation provinciale et beaucoup de ses membres feront partie de l'équipe nationale du Guangdong. Le taux de population à savoir nager a augmenté à Dongguan allant jusqu'à 46% de sa population en 1960, bien plus que la moyenne nationale à l'époque, faisant du canton le "canton de la nation". Ce prix a été décerné par Mao Zedong lui-même. La province de Guangdong est dans ces années le centre de la natation dans le pays et met l'accent sur l'apprentissage de la nage par sa population avec une nouvelle grande campagne en 1965. Elle réussit à faire apprendre la nage à près de 10 millions de ses habitants cette année-là. Cependant, l'année suivante, avec la Révolution Culturelle qui traverse la Chine à cette période, les activités de masse prennent fin et ralentissent dans toute la province. Les activités reprennent en 1970 avec la formation d'une équipe de 7 cadres travaillant sur la reprise des activités sportives au niveau provincial. L'apprentissage de la natation est selon eux une nécessité pour la province et formulent près d'une dizaine de suggestions et de recommandations pour la restauration de son apprentissage. Avec le temps, la natation garde sa place dans la province et continue à se développer, notamment dans les années 70 avec les réformes d'ouverture du pays qui permettent aux sportifs de participer à des compétition internationale telle que les Jeux asiatiques de 1974. Cette place de la natation a permis à cette province de se développer dans le temps et au gré des réformes nationales. Guangdong reste le berceau de la professionnalisation de la natation, pour les nageurs, les entraineurs et les arbitres, et montre son avance dans la production de sportif de haut niveau.




Sur cette image issue d'une collection de nombreuses photos de bateaux accostés sur les quais de Shanghai (Shànghǎi 上海 , soit littéralement "sur la mer"), nous pouvons voir que certains sont parfois chargés et leur cargaison arrimée, en attente sur l'eau.

En premier plan, nous pouvons voir les nombreuses barques à quais qui se prolongent jusqu'en arrière plan. Toutes ses embarcations font partie du paysage de Shanghai et participe à la réputation de la ville comme une ville développée et vivante dans la Chine maoïste.

La ville est dynamique, les routes sont développées et bien utilisées par la population. Nous pouvons voir de nombreuses petites

La ville de Shanghai est considérée comme une des plus grandes ville portuaire de son époque. En effet, Shanghai se trouve près de l'embouchure du Fleuve Yangzi et son port s'est développé à travers les siècles jusqu'à devenir au début du 20e siècle le plus grand au monde. La ville va connaitre de nombreux changements et se développera pour devenir une ville connue pour son commerce international.

Cependant, à l'arrivée du Parti Communiste en 1949, la Chine s'est pendant un temps refermée sur elle-même et limitant ainsi les échanges avec le reste du monde. Shanghai qui est d'ailleurs le lieu de naissance du Parti en 1921. Ce n'est qu'en 1991 que Shanghai reprend son développement économique avec des réformes économiques initiées par le gouvernement central. Son port situé en eaux profondes, proche de la mer de Chine Orientale et à l'embouchure du Yangzi s'est très vite développé à partir des années 90. Ce port s'est aussi très vite développé grâce à l'accès et la force très grand réseau routier desservant toutes les régions du pays.

Actuellement, le port de Shanghai est l'un des plus grands au monde et le plus grand port marchand dans le monde en 2020, devant Singapour et Ningbo, respectivement en deuxième et troisième place (Classement des plus grands ports à conteneurs mondiaux et européens en 2020). Le premier port hors-Asie de ce classement est celui de Rotterdam, arrivant en 10e position. En comparaison, le premier port français, Le Havre, arrive en 79e position et se place derrière plusieurs autres ports européens tels que celui d'Anvers (13e), Hambourg (19e) ou encore Barcelone (61e), ainsi que celui de Rotterdam.

Le trafic de conteneurs à Shanghai est très important. En 2020, son trafic est de 43,5 millions d'EVP, Équivalent Vingt Pieds qui est la mesure utilisée ici pour mesurer le trafic des ports de commerce. Cette mesure permet de calculer le nombres de conteneurs dont la taille est de 20 pieds par an et par port. La mesure de 20 pieds est utilisée car il s'agit de la taille moyenne des conteneurs commerciaux actuellement utilisés dans le monde. Un EVP équivaut à un conteneur de 20 pieds et deux EVP sont accordés à un conteneur de 40 pieds, etc. Cela permet de voir le flux et la taille d'un port, ainsi que l'accent mis sur le commerce. Celui de Shanghai est en 2020 le port ayant accueilli le plus de conteneurs au monde en termes d'EVP. Cette mesure permet de voir le développement de la ville et de son commerce à travers le temps par son fort trafic maritime. La Chine est aujourd'hui une grande puissance mondiale et économique. Son développement est passé par son ouverture à l'économie mondiale et pour cela, le transport de marchandises est un des facteurs de réussite. Le port de Shanghai comme on peut le voir dans cette photo est une illustration de l'importance déjà du commerce maritime à l'époque. Bien que l'échelle soit plus locale, le commerce est toujours passé par les eaux. Cela s'est cependant fortement développé à l'approche du 21e siècle. Le port de Shanghai et de nombreux autres en Chine se sont fortement développés avec les années et les différentes réformes du Parti.




Cette photo nous montre Mao Zedong en visite sur les rives du fleuve Yangzi - Yángzǐ Jiāng 扬子江  - parfois appelé aussi le Fleuve Bleu en français. Né en décembre 1893, Mao a alors 59 ou 60 ans lors de cette inspection en 1952. Il déclare trois ans plus tôt, le 1er octobre 1949, la République Populaire de Chine et devient le Président du Gouvernement central.

Il est habillé en tenue officielle et est entouré de plusieurs personnes aidant à l'inspection du fleuve. Son sourire laisse imaginer la satisfaction de la visite ainsi que sa réussite. Mais quel est l'intérêt d'une telle visite pour le dirigeant ?

Tout d'abord, le Yangzi présente un intérêt majeur pour la Chine depuis des millénaires. Ce fleuve est le plus important de la Chine et est au cœur de nombreuses problématiques.

Le contrôle et l'exploitation de l'eau ainsi que des différents cours d'eau en Chine est important pour l'agriculture et la prospérité de sa population. La population chinoise dépend fortement de la pêcherie et de la production de riz et d'autres graines pour son alimentation, enjeu central pour la Chine à cette époque et par la suite. De plus, 1952 est une année charnière car elle se situe dans la période des réformes agraires qui traversent la Chine de 1950 à 1952.

Ces réformes s'inscrivent elles-mêmes dans une longue histoire comprenant différentes réformes agraires appliquées en Chine des années 1920 aux années 1950. Les dernières réformes des années 40 vont influencer celles des années 50-52 par ce slogan "Those who work the land must own it; those who own the land must work it." (S. Klein: 1961). Cette période est marquée par la confiscation des terres à des propriétaires terriens (et non plus simplement aux riches paysans ou aux populations opposées au parti) qui seront ensuite redistribuées à des paysans de confiance, selon le parti (S. Klein: 1961).

Parallèlement, loin des préoccupations futures de la pollution et l'intégrité de l'eau qui attendront la fin des années 1970 sous le gouvernement de Deng Xiaoping, la Chine s'intéresse surtout à cette période à l'exploitation de l'eau afin d'irriguer ses terres et de répondre aux besoins d'une population grandissante.

De nombreuses actions vont être menées pour essayer d'obtenir un certain contrôle, relatif à l'époque sur le cours d'eau de part les moyens et les avancées techniques limités, sur ces cours d'eau. Entre autres, des barrages et leur réservoir associé seront construits en Chine : le barrage Sanmenxia - Sānménxiá 三门峡 - construit entre 1957 et 1960 sur le fleuve Jaune (Huáng hé 黄河 ), le barrage Gezhouba - Gézhōubà 葛洲坝 - construit entre 1970 et 1988, et le barrage des Trois Gorges - Sānxiá dàbà 三峡大坝  - situé en aval de Gezhouba et dont la construction débute en 1994 et se termine en 2015 seulement.

Ces barrages présentent aussi des enjeux hydroélectriques et de contrôle des eaux limitant le risque d'inondations, problème récurrent en Chine. De nombreux barrages sont d'ailleurs construits bien avant l'arrivée au pouvoir de Mao, notamment à partir de 1912 pour ces questions d'hydroélectricité. La première est celle de Shilongba - Shílóngbà shuǐdiànzhàn 石龙坝水电站 - ou central hydroélectrique de Shilongba, construite entre 1910 et 1912, année de sa première mise en fonction aboutissant à une production électrique. Elle se trouve dans la Province du Yunnan sur la rivière Tanglang - Tángláng Jiāng 螳螂江  - dans la ville de Haikou. D'autres suivront par la suite mais à leur début la production électrique de ces barrages reste mesurée.

Ces différents enjeux sont importants pour le pays et la population. Montrer un intérêt peut être important pour Mao à ces premières heures en tant que dirigeant du pays. Cette visite "anodine" rentre cependant, comme vu plus haut, dans le contexte des réformes agraires lancées par Mao mais qui seront un échec dans les campagnes. De plus, cela fait suite aux campagnes des 3 Anti de 1951 et celle des 5 Anti de 1952. La dernière s'en prend aux "capitalistes" et condamne en particulier la corruption et les vols de propriétés de l'état, alors que la campagne des 3 Anti s'attaque aux personnes en opposition au Parti (anciens membres du Guomindang ou membres du Parti). Tout cela précède la campagne des Cents Fleurs de 1956 à 1957, des périodes houleuses pour Mao qui cherche à asseoir son pouvoir.

 

 

Source :

Klein, S. (1961). The Land Reform Policies of the Chinese Communist Party, 1928-1958 : A Brief Economic Analysis. Agricultural History, 35(2), 5964.


samedi 18 décembre 2021

XIE Yixin, 6ème photo: manoeuvres militaires Blue Star en 1960 à Taiwan

 


https://everydaylifeinmaoistchina.org/2017/01/22/u-s-marines-perform-drills-in-taiwan-in-1960/


Cette photographie montre la marine américaine à Taïwan effectuant une manœuvre conjointe de débarquement amphibie à grande échelle appelé "Blue Star" au large de la côte sud de Taïwan, le 16 mars 1960.

 

L'armée américaine à Taïwan était la force militaire américaine déployée dans la République de Chine à Taïwan après la deuxième guerre civile. Dans un sens plus étroit, les forces américaines à Taïwan sont les forces militaires américaines stationnées à Taïwan pendant la guerre froide. Les 30 années qui ont précédé la rupture des relations diplomatiques entre les États-Unis et la Chine continentale en 1979 ont été le sommet historique de la coopération militaire entre la République de Chine et les États-Unis, l'armée américaine venant non seulement à Taïwan pour former l'armée nationale sous le nom de Groupe consultatif d'assistance militaire, mais y envoyant aussi directement des troupes de garnison. La première personne à faire venir des troupes américaines à Taïwan n'est autre que Chiang Kai-chek, qui a dirigé l'armée nationale de la République de Chine pour la restauration de Taïwan. Sans le soutien des troupes américaines, le gouvernement nationaliste de Chiang aurait eu du mal à achever la réception et la gouvernance de Taïwan.

En fait, avant même la reprise de possession de Taïwan, Chiang avait déjà l'idée d'avoir des troupes américaines à Taïwan. Cette idée remonte à septembre 1940, avant que les États-Unis ne soient impliqués dans la guerre du Pacifique et pendant les années les plus difficiles de la guerre de la République de Chine contre le Japon. Le Japon avait déjà soutenu Wang Jingwei dans la mise en place d'un régime pro-japonais à Nankin, et l'Union soviétique, qui avait été la seule aide à la Chine au début de la guerre, a coupé son soutien à la République de Chine après que le gouvernement nationaliste n'ait pas soutenu l'Union soviétique lors du vote de la Société des Nations le 14 décembre 1939, ce qui a conduit à l'expulsion de l'Union soviétique de la Société des Nations pour avoir envahi la Finlande. La République de Chine isolée avait désespérément besoin d'une reconnaissance diplomatique et d'une aide militaire des États-Unis pour surmonter les désastres. Roosevelt a entendu les cris de Chiang et, au lendemain de la reconnaissance diplomatique par le Japon du régime de Wang Jingwei, le 30 novembre 1940, les États-Unis ont offert un prêt de 100 millions de dollars au gouvernement nationaliste. Par la suite, comme nous le savons, les actions expansionnistes du Japon ont été continuellement contrées et comprimées par les États-Unis, ce qui a conduit au déclenchement de l’attaque de Pearl Harbor. Avec la participation des États-Unis à la guerre contre le Japon, la question de l'affiliation de Taïwan après la guerre a été mise en avant.

Non seulement Roosevelt et Chiang ont conclu un accord tacite pour combattre le Japon ensemble, mais ils uniront également leurs forces pour étouffer l'expansion soviétique en Asie de l'Est après la guerre, tout en travaillant ensemble pour démanteler la puissance coloniale britannique en Asie du Sud-Est. Les États-Unis devraient donc non seulement aider le gouvernement nationaliste à s'emparer de Taïwan, mais aussi de la mer de Chine méridionale.

 

La manœuvre "Blue Star", qui s'est déroulée du 22 au 27 mars 1960, était un exercice de débarquement amphibie à grande échelle avec un mélange de forces navales, aériennes et maritimes chinoises et américaines, afin de renforcer la formation de la capacité opérationnelle de l'armée nationale et d'assurer la sécurité du détroit de Taïwan. Le concept de l'exercice consiste à supposer que les forces communistes ont déjà envahi Taïwan, et que l'armée américaine envoie une division de Marines pour les renforcer en débarquant parallèlement à la division de Marines de l'armée nationale pour anéantir l'ennemi envahisseur. Avec plus de 500 avions de guerre, 170 navires de guerre et 61000 soldats, l'exercice Blue Star a été l plus grand exercice de débarquement amphibie de l'histoire du Pacifique.


jeudi 16 décembre 2021

Mao visite l'Union soviétique 1957 ( Reyane Maafi)

  

 

                                                                                        

  A collection: Mao visits the Soviet Union 1957 – Everyday Life in Mao's China    (everydaylifeinmaoistchina.org)


Cette image représente le leader Mao Zedong lors de sa deuxième visite à Moscou accompagné

par le premier secrétaire du Parti communiste de l’Union Soviétique Nikita Khrouchtchev, en train

de saluer des troupes soviétiques. En arrivant à l'aéroport, Mao a parlé de galvaniser la solidarité

 entre les deux partis, ainsi qu’il a déposé des couronnes de fleurs sur la tombe de Lénine, cela

était perçu comme un signe de respect. 

En novembre 1957, Mao s'est rendu à Moscou pour participer aux célébrations du 40e anniversaire de la Révolution d'Octobre et à la Réunion internationale des partis communistes et ouvriers “ 共产党和工人党国际会议”. Cette réunion a réuni les dirigeants de chacun des 13 partis communistes au pouvoir dans le monde, La réunion du 16 au 19 novembre a été précédée par la Conférence des représentants des partis communistes et ouvriers des pays socialistes, tenue du 14 au 16 novembre 1957, au cours de laquelle 12 partis communistes au pouvoir ont signé une déclaration commune. dans le but de réaffirmer l’unité communiste.

Malgré les mauvaises relations entre Mao et Staline, Mao voyait que Staline était un bon dirigeant au mépris de ses erreurs. A l'arrivée de Khrouchtchev au pouvoir , il a essayé de réparer ce que Staline avait failli ruiner, lors  20e congrès du parti communiste de l’union soviétique, Staline avait été critiqué par Khrouchtchev  dans son discours secret, en effet  Mao a reconnu que la critique du culte personnel par Khrouchtchev était juste et a exprimé sa joie de la victoire du leader soviétique dans son combat contre le “groupe anti-parti”. Khrouchtchev a réaffirmé le soutien économique, financier et consultatif de l'Union soviétique à la Chine, Mais après le 20e Congrès du PCUS et la répression des soulèvements polonais et hongrois en 1956, Mao et les dirigeants chinois étaient également convaincus que Khrouchtchev n'était « pas assez mûr » pour diriger un pays aussi grand que la Russie.

Mao a abordé deux question lors de son discours du 18 novembre 1957: la situation internationale actuelle et l’unité des partis communiste, sa plus célèbre déclaration était: « le vent d'est prévalait [CH: l'emporte] sur le vent d'ouest », cette déclaration était confirmé par certains participant, bien que la plupart des dirigeants communiste fussent conscients que l’avancée des Etats-Unis dans la technologie militaire n'était pas à la hauteur de celle de l’Union soviétique, la plupart d'entre eux ont été abasourdi par l'hypothèse de Mao dans une déclaration du 6 novembre selon laquelle dans une guerre nucléaire mondiale, les pays impérialistes seraient détruits et les communistes victorieux, même si la moitié de l'humanité était tuée.

Indépendamment de toutes les différences idéologiques, Khrouchtchev a signé avec la Chine le 15 octobre 1957 l'accord secret sino-soviétique sur les nouvelles technologies pour la défense nationale qui comprenait une assistance pour le développement d'un programme nucléaire comme le transfert de savoir-faire scientifique dans des domaines pertinents et une aide à la technologie des missiles.


mardi 14 décembre 2021

La Révolution Culturelle dans les années 1960 (Aurore SERVANT-CASISAVA)

Celebrating the start of the Cultural Revolution in Xi'an (Shaanxi) in 1966

Cette photo représente le début d'une période importante sous l'ère Maoiste : la Révolution Culturelle. Le but de la Révolution Culturelle pour Mao est de combattre les ennemis du parti et de faire un grand pas en avant dans le communisme. Il veut consolider son pouvoir en mobilisant la jeunesse chinoise et en faire la base du parti communiste.

La Révolution Culturelle est précédée, notamment, du mouvement des 100 fleurs (1957) ainsi que du Grand Bond en avant (1958-1960), période durant laquelle Mao Zedong lance une série de réformes économiques afin de faire des paysans des fonctionnaires d'état et de collectiviser les terres. Ces réformes économiques entraînent la plus grande famine que le pays n'ait jamais connue et les décès se comptent par millions. Mao perd son rôle de président de la République Populaire de Chine et Liu Shaoqi le succède, cependant, il reste quand même officiellement à la tête du Parti Communiste Chinois. Entre 1962 et 1965, juste avant le début de la Révolution Culturelle, s'est tenu le mouvement d'éducation socialiste dont le but était de relancer le mouvement révolutionnaire par des répressions et épurations de cadres rendus coupables d'avoir été trop modernistes. Liu Shaoqi, alors président jusqu'en 1968, ne soutient pas Mao dans son choix de répression, menant à leur affrontement au début de la Révolution Culturelle en 1966.

Sur ce cliché nous voyons bien l'importance du culte de la personnalité de Mao Zedong car son portrait siège au milieu d'une assemblée de jeunes entouré par les écriteaux 中国共产党万 à gauche signifiant "le parti communiste chinois" et à droite 毛主席万岁 pouvant être traduit par "vive le président Mao". De plus, le groupe de jeunes femmes au milieu de la foule est une chorale chantant probablement le chant partisan "L'Orient est rouge" (东方红) écrit par Li Youyuan, paysan de la province du Shaanxi, en 1942. Cette chanson fait partie intégrante des outils de propagande du PCC et du culte de la personnalité de Mao, le décrivant comme "le guide et la grande étoile sauvant le peuple". Elle était utilisée comme hymne de la RPC durant la Révolution Culturelle.

Les personnes se trouvent face du bureau de poste et de télécommunications, ce qui montre bien que la révolution culturelle touche tous les aspects de la société car la poste est un service dont personne ne peut se passer, surtout à cette époque où le numérique n'était pas développé. Une des parties les plus importantes de la photo est la présence dominante de jeunes chinois. En effet, pendant cette période, la jeunesse toute entière était mobilisée au profit du PCC, créant notamment le mouvement armé des "gardes rouges", connu comme le bras actif de cette révolution.


Making Little Red books during the Cultural Revolution 


Le Petit Livre Rouge, appelé en chinois 毛主席语录 (littéralement : Les citations du président Mao) est publié deux ans avant la Révolution Culturelle en 1964 mais est distribué massivement lors de celle-ci. Ce livre phare de la propagande communiste du Parti est constitué de citations d’anciens discours de Mao Zedong écrits par lui-même. En 1962, il déclare que « lire chaque jour une phrase du président Mao c’est comme le rencontrer à chaque fois tous les jours ». La première impression du livre n’est pas du tout destinée à la vente mais est utilisée pour servir de guide aux membres de l’APL (armée populaire de libération). Ces membres de l’APL étaient des paysans, il fallait donc que le contenu du livre leur soit accessible et compréhensible. La dernière édition du livre sortie en 1965 compte 33 chapitres divisés en différentes thématiques abordées du point de vue de l’idéologie communiste telles que, pour ne citer en exemple que les trois premiers : Le Parti, Les classes et la lutte des classes, Le socialisme et le communisme. En général, les citations donnent des recommandations sur comment s’organiser, comment se comporter et comment penser.

Sur cette photographie, nous pouvons voir des centaines de livres imprimés et reliés prêts à être distribués à la population chinoise lors de la Révolution Culturelle. Des jeunes adultes et adolescents travaillent à l’imprimerie, montrant, comme nous l’avons déjà vu sur la première image, que la jeunesse était vraiment importante et très impliquée dans cette période de l’histoire du pays. L’objectif de Mao est de rendre la jeunesse apte à poursuivre la lutte pour le communisme et cela commence également dans la fabrication et la distribution de son livre de citations.

À partir du début de la Révolution Culturelle en 1966, le livre est distribué massivement et en devient l’un des symboles. Il est exigé que chaque citoyen chinois doit avoir en sa possession un exemplaire du livre et le consulter avant de prendre une quelconque décision dans sa vie quotidienne. Cet acte est ainsi considéré comme une preuve de loyauté envers le Parti communiste. De plus, son apprentissage devient obligatoire dans les écoles encore ouvertes ainsi qu’au travail. Son apprentissage est considéré comme tellement important que les Gardes rouges pouvaient demander à n’importe qui de le réciter ou de leur présenter. Si les personnes en étaient incapables, des punitions corporelles avaient lieu, elles pouvaient même être envoyées pendant des années dans des camps de rééducation par le travail.

En 1967, le livre est traduit en 36 langues et 720 millions d’exemplaires sont imprimés afin que toute personne dans le monde séduite par les pensées de Mao puisse avoir accès au livre dans sa langue maternelle. Jusqu'en 1978, le Petit Livre Rouge était obligatoire également en Albanie, dirigée à ce moment-là par le parti communiste d’Enver Hoxha. Aujourd’hui, ce livre est le plus vendu au monde après la Bible, même si les chiffres divergent selon les sources.


Criticizing Rightists during the Cultural Revolution

Sur cette image, nous pouvons voir des citoyens chinois portant des pancartes et banderoles critiquant les « droitistes ». En effet, nous pouvons voit écrit sur la pancarte de droite 大斗 (dà dòu) signifiant « grande lutte ». En arrière plan nous apercevons le portrait de Mao Zedong ainsi que le drapeau de la République Populaire de Chine surplombant la scène comme s’ils avaient une place divine et que Mao veillait sur tous les chinois. Comme nous l’avons vu dans la première photographie, le culte de la personnalité de Mao Zedong était très important en Chine et surtout pendant la période de la Révolution Culturelle. Ce dernier était décrit comme un leader héroïque infaillible capable de tout surmonter et de guider le peuple.

La campagne anti-droitiste se déroule entre les années 1950 et les années 1960 en République Populaire de Chine. Celle-ci fait suite à la campagne des Cent Fleurs prenant place en 1957, dont l’objectif de cette dernière est de donner la liberté de parole au peuple chinois et surtout aux intellectuels et leur laisser la possibilité de critiquer le Parti. Cependant, durant cette campagne des Cent Fleurs, le but premier de Mao est de connaître qui sont ses adversaires et de tenir compte de leurs critiques pour les affaiblir et les emprisonner (voire les faire exécuter) pour affirmer encore plus son pouvoir. La campagne anti-droitiste fait ainsi écho à celle des cent fleurs, le but étant d’évincer les militant libéraux du Parti ainsi que les intellectuels s’opposant à la pensée communiste. Sous Mao, les droitistes étaient des intellectuels chinois en faveur du capitalisme et ainsi contre la prise de pouvoir des communistes et encore plus contre les réformes de collectivisation des terres. Durant la campagne anti-droitiste, plus de 500 000 chinois ont été poursuivis et condamnés par le Parti Communiste même si des chercheurs estiment les réels chiffres des victimes comme se situant entre 1 et 2 millions voire même plus hauts. C’est suite à cette campagne que la démocratie chinoise s’est affaiblie et que le pays est devenu un pays à parti unique. 

Les trois « droitistes » les plus connus sont notamment Zhang Bojun, Luo Longji et Ding Ling. Zhang Bojun (章伯钧) était un homme politique et intellectuel. Il est retiré de son poste au Parti et fait ennemi public numéro un par Mao Zedong qui le qualifie de « premier droitiste chinois ». Luo Longji (罗隆基), quant-à-lui, était également un politicien et intellectuel. Il faisait notamment la promotion des droits humains en Chine, ce qui lui a valu le surnom de « second droitiste chinois » par le Parti. Ding Ling (丁玲), de son vrai nom Jiang Bingzhi (蒋冰之) est une des auteures chinoises les plus célèbres de Chine. Dans les années 1930 elle était active en tant que révolutionnaire communiste avant de se faire arrêter par le Guomindang. Elle réussit à atteindre Yan’an et à devenir une des figures les plus emblématiques de la littérature et du cercle culturel communiste de Yan’an. Cependant, n’étant pas d’accord sur le fait que l’art devait servir le Parti, elle critique les décisions du Parti Communiste. En 1957, elle est accusée d’être une droitiste, est purgée par le Parti et ses écrits sont bannis. Elle sera réhabilitée en 1978 après la mort de Mao après douze ans de travail manuel dans une ferme.

Les critiques et autocritiques des personnes jugées « contre-révolutionnaires » ou simplement des personnes haut placées étaient très courantes à l’époque de Mao et même durant les années qui suivirent. Elles se passaient souvent sur la place publique ou dans des lettres adressées au public chinois. Il y a trois ans, en 2018, 25 hauts responsables du Bureau Politique ont dû faire leur autocritique dans une assemblée présidée par l’actuel président Xi Jinping. Ils avaient contesté l’autoritée du président à cause du ralentissement économique du pays dû aux problèmes avec l’ancien président américain Donald Trump. Il leur a été notamment demandé d’étudier les discours de Xi Jinping et de se discipliner ainsi que leurs familles et leurs collaborateurs.

Jiang Qing and Kang Sheng drink tea during the Cultural Revolution 


Nous pouvons voir sur ce cliché Jiang Qing (江青) et Kang Sheng (康生) en train de boire du thé et de rire.

Jiang Qing, de son vrai nom Li Shumeng, est une femme politique chinoise mais également une ancienne actrice connue sous le nom de Lan Ping (蓝苹). Elle est la quatrième épouse de Mao Zedong, dont la condition de leur mariage était qu’elle ne doit participer à aucune activité politique publique car les membres du Parti s’inquiètent que l’image de Mao soit entachée à cause de la réputation frivole de la jeune femme. Alors que sa relation avec Mao s’effrite, Jiang Qing monte en puissance pendant la période de la Révolution Culturelle, elle lance une campagne de purification des arts et devient également membre des 9e et 10e Politburo du Parti Communiste Chinois. Elle rencontre également le président américain Nixon en 1972 lors de sa visite en Chine. Jiang Qing, alors surnommée « l’Impératrice Rouge », ne tire cependant son pouvoir que de son mariage avec Mao et lorsque ce dernier décède en 1976 ses rivaux politiques décident de l’enlever du pouvoir. Elle est ainsi arrêtée avec ses complices de la Bande des Quatre (Zhang Chunqiao, Wang Hongwen et Yao Wenyuan) un mois après la mort de son mari. Elle est poursuivie en justice pour la mort de centaines de milliers de chinois lors de la Révolution Culturelle et condamnée à la prison à vie.

Kang Sheng était un homme énigmatique très influent dans les années maoïstes. Il séjourne en URSS dans les années 1930 pour représenter le PCC au Comintern et étudier leurs techniques de renseignement avant de revenir en Chine pour exercer des fonctions souterraines. Il est notamment à la tête des services secrets chinois pendant un long moment mais est aussi un des piliers du mouvement de rectification en 1942 et de la campagne anti-droitiste en 1957. Il est également, comme Jiang Qing, membre des 9e et 10e Politburo et a été son amant avant qu’elle ne se marie avec Mao Zedong. Il est très impliqué dans les différentes purges de la Révolution Culturelle et n’hésite pas prétendre que des Partis différents au PCC (on peut noter le Parti du peuple de Mongolie Intérieure) sont des traîtres pour lancer une attaque contre eux avec pour conséquence des milliers de morts et de mutilés à vie. De sa forte implication dans les purges de la Révolution Culturelle se produit la chute de hauts dirigeants notamment Deng Xiaoping, Zhou Enlai et Peng Dehuai. L’année de sa mort, en 1975, il dénonce Jiang Qing comme étant une espionne pour le compte de Tchang Kaï-chek.

Ils sont tous les deux habillés en ce qu’on appelle communément « la veste Mao ». Cependant, en mandarin cet habit se nomme 中山装, littéralement « le costume Zhongshan » en référence au personnage politique du parti nationaliste et premier président chinois après la fin de la dynastie Qing, Sun Yat-sen (Sun Zhongshan en chinois). Mao Zedong reprend la veste et lui donne une dimension politique : les 4 poches représentent l’honnêteté, la justice, la propriété et l’humilité. Les 5 boutons sur le devant représentent les 5 branches du gouvernement, à savoir les fonctions exécutive, législative et judiciaire ainsi que le pouvoir de contrôle et d’examen. La veste est produite en trois couleurs différentes : bleue pour les travailleurs et paysans, grise pour les cadres urbains, verte pour l’Armée populaire de libération et les gardes rouges. La veste joue un grand rôle pendant la Révolution Culturelle et représente notamment l’emprise totalitaire du Parti. Elle est unisexe et même si elle n’est pas imposée à la population chinoise, elle est le symbole de l’uniformisation des classes sociales pendant la période maoïste. À l’international, elle est un symbole de révolte et est portée par certains étudiants manifestant lors de mai 68 en France. Cela montre également l’impact de la Révolution Culturelle en Occident. Ici, Jiang Qing et Kang Sheng la portent car ils sont des hauts placés du Parti Communiste Chinois et se doivent donc de montrer l’exemple à la population en adhérant aux règles maoïstes.

Les deux personnages sur la photo boivent du thé, qui n’est pas une boisson ordinaire en Chine. En effet, dans le pays il est considéré comme une des sept nécessités essentielles. Ces nécessitées essentielles sont notamment le riz, l'huile, le sel, la sauce soja, le vinaigre, les combustibles et le thé. Il est présent dans la vie de tous les jours des chinois et peut être consommé partout. Il est également très utilisé dans les occasions spéciales et il est de coutume de boire une tasse de thé avant de commencer une conversation d’affaires. 

Enfin, la photo respire la joie et la bonne humeur. Ce qui est un peu paradoxal quand on connait le passif des deux personnages, notamment le fait que Kang Sheng ait dénoncé Jiang Qing comme une traître au Parti juste avant de mourir. Ce qui est le plus marquant est le fait que cette photo ait été prise durant la Révolution Culturelle, moment où des centaines de milliers de chinois étaient pourchassés, mutilés et tués (parfois pour des fausses raisons). Cependant en regardant simplement la photo, on a l’impression que tout va pour le mieux dans le pays et que la réalité sanglante n’a pas lieu.


A Cultural Revolution wedding on January 6, 1968

Ce cliché représente un mariage lors de la Révolution Culturelle. Si on prête attention à la scène, la femme porte une pancarte avec inscrit 新娘 (« nouvelle mariée ») et sur la pancarte de l’homme il est écrit 新郎 (« nouveau marié »). Au dessus d’eux se trouve le portrait de Mao surplombant la scène avec l’écriture 毛主席语录 (« citation du président Mao ») des deux côtés du portrait. Les phrases écrites en dessous sont des citations de Mao Zedong parlant du Parti Communiste Chinois. Encore une fois, il y a une omniprésence du chef de l'État et du Parti même dans ce qui est censé être de l’ordre des affaires privées et familiales telles que le mariage. 

Cette scène de mariage est assez particulière à cette période car durant la Révolution Culturelle, l’asexualité révolutionnaire atteint des sommets. En effet, des milliers de jeunes chinois se regroupent et forment les Gardes Rouges, avec une seule idée en tête : la révolution. Les œuvres officielles diffusées ne comportent également aucune évocation de relation amoureuse ou sexuelle. La charge anti-sexuelle de l’événement est très forte. Des humiliations publiques se font, dénonçant des modes de vie « décadents » de certaines personnes concernant leur vie sexuelle (notamment sur des questions sur l’adultère et d’immoralité). 

A partir de 1968, le mouvement d’envoie des jeunes instruits à la campagne prend de l'essor. Ces jeunes sont envoyés techniquement définitivement à la campagne pour leur faire officiellement renouer avec des valeurs révolutionnaires et les faire se défaire de leur mode de vie bourgeois. Cependant, la vraie raison est de se débarrasser de la jeunesse devenue trop violente et d’essayer de rétablir les problèmes démographique et d’emploi pesant sur les villes chinoises. Toute possibilité de mariage à la campagne leur est refusée jusqu’à leur retour à la ville des années plus tard. Beaucoup d’hommes se faisaient soigner pour des spermatorrhées (écoulement de sperme par l'urètre, en dehors de toute éjaculation) et certains, honteux, préféraient se castrer eux-même pour éviter les moqueries que cela entraînait. Certains endroits autorisaient des formes de concubinage entre les jeunes instruits envoyés à la campagne mais c’était très rare. 

Les politiques concernant le mariage autorisé étaient très strictes et ce dernier très encadré. Les deux conditions sur lesquelles il fallait se pencher avant d’envisager un mariage étaient la classe sociale et les qualités révolutionnaires. En effet, avant chaque mariage pendant la Révolution Culturelle, les familles (surtout celle de la future mariée) menaient une enquête de personnalité, appelée en chinois 组织审查, sur l’autre partie. Cette enquête avait pour but de se renseigner sur les antécédents politiques du futur partenaire (ou de la future partenaire). La sexualité et l’amour étant tellement tabou, les jeunes chinois envoyés à la campagne avaient l’impression de commettre un crime s’ils parlaient d’amour même après la Révolution Culturelle.
 

Newspaper about Cultural Revolution martyrs 

L’image ci-dessus est une photographie d’un journal des martyrs de la Révolution Culturelle. Un martyr est une personne qui a souffert ou a été mise à mort pour une cause ou pour avoir refusé d’abandonner sa religion. Cet extrait est un journal sorti le 7 septembre 1967 à Guangzhou (selon les autres photos de la collection disponible). En dessous de la photo de chaque personne décédée se trouvent leurs identités. Le premier est un soldat de l’armée populaire de libération, le deuxième est un soldat du 520 régiment et les deux derniers sont également des soldats. 

Nous savons que lors de la Révolution Culturelle, énormément de personnes ont été persécutées ou ont perdu la vie. En plus des différences politiques, le Parti souhaite éradiquer toute forme de religions sur le territoire. Ainsi, les chrétiens arrêtés doivent prêter serment aux Trois Fidélités : le président Mao Zedong, la ligne révolutionnaire, la pensée du président. S’ils refusent de prêter serment, ils sont envoyés dans les camps de rééducation par le travail. Même s’il est impossible de savoir si les martyrs présents sur la photo sont des chinois de confession chrétienne, les martyrs chrétiens en Chine ont fait beaucoup de bruit. 

Un des martyrs chrétiens de cette période les plus connus est Wang Zhiming (王志明). C’est un pasteur miao venant du comté de Wuding dans la province de Yunnan. Faisant partie des leaders chrétiens miao du pays, il signe avec ses confrères dans les années 1950 le Manifeste des Trois Autonomies avec le gouvernement. Le mouvement patriotique des trois autonomies encourage « l'autonomie, l'autosuffisance et l'auto propagation » (自治、自养、自传) de l'église chinoise et casse ainsi avec l’influence occidentale sur la religion chrétienne. Cependant, Wang Zhiming refusait de participer aux réunions de délation visant à humilier les propriétaires terriens et se voit donc dénoncé conte-révolutionnaire avant même la Révolution Culturelle. Lors de cette dernière, 21 responsables chrétiens du comté de Wuding ont été emprisonnés, envoyés dans des camps, dénoncés ou frappés. Wang Zhiming n’en fait pas exception. En effet, en 1969 il est arrêté avec sa famille. Il est exécuté en 1973 dans un stade devant plus de 10 000 personnes. En 1981, il devient le seul martyr chrétien de la Révolution Culturelle chinoise à avoir un monument érigé à l’endroit où il est enterré.

Le 1er octobre 2000, le pape Jean-Paul II fait canoniser les 120 martyrs chinois décédés durant la Révolution Culturelle. En réponse, une semaine après, le gouvernement chinois interdit les catholiques de Hong Kong d’accéder au territoire de la Chine populaire. Le gouvernement chinois avait lancé une campagne de critique sévère sur cette canonisation, affirmant que ces personnes étaient des criminels ayant mérité la mort.



dimanche 28 novembre 2021

Rao Bin à la deuxième usine automobile en 1974 (Reyane Maafi)

 




Rao Bin at the Second Automobile Works in 1974 – Everyday Life in Mao's China (everydaylifeinmaoistchina.org)



Cette photo montre le camarade Rao Bin participant à la construction de la deuxième usine automobile en 1974.

 

 

Camarde Rao Bin, un ancien membre du parti communiste, né à Jinlin en 1913, il était vice-président de la province de Songjiang, premier secrétaire du comité provincial, et fondateur de l'industrie automobile chinoise, connu sous le noms "père des automobile chinoise"

 

Au début de 1950, lors d'une visite en union soviétique, le président Mao Zedong et le premier ministre Zhou Enlai ont signé à Moscow le traité d'amitié et d'assistance mutuelle entre la chine et l'union soviétique, dont l'un devait aider la chine à construire des usines automobiles. A ce moment-là, Le politburo a mentionné Rao bin lors d'une réunion pour discuter du premier candidat à la direction de l'usine automobile, en effet Rao Bin âgé de 39 ans a été nommé directeur de la première usine de fabrication d'automobile en 1952. Il a dirigé et organisé la mise en place de FAW groupe, le développement des voitures « 红旗 », la planification de la SAIC et le développement des poids lourds, l'organisation des transferts stratégiques de l'industrie automobile, de plus la mise en œuvre de grandes politiques de localisation des pièces et composants…. Tout cela reflète pleinement à son idée centrale la « poursuite et d'innovation » « 追求与创新 ».

 

Après la réussite de la construction de la première usine automobile et la mise en service de la première voiture "Jiefang" et les voitures « 红旗 » CA72 , Rao Bin se lança dans la construction de la deuxième usine automobile. Cette dernière était l'endroit où il avait le plus d'heures de travail. En 1964 Rao a reçu l'ordre de préparer la mise en place de la deuxième automobile, il a travaillé pendant plus de 14 ans pour accomplir sa tâche. Afin de déterminer l'emplacement du deuxième usine, Rao et ses camardes sont allés inspecter des sites dans plusieurs région. La tâche de construction du second Groupe automobile était extrêmement exigeante. Rao a connu des difficultés et connu des hauts et des bas, il a proposé une nouvelle méthode de « 包建 » « 聚宝 » « 赶超 ». 


Bien qu'il souffre d'hypertension, il a été  personnellement  impliqué dans de nombreuses tâches au cours du processus de construction. Il était à la fois organisateur et ouvrier. Il a présidé la conférence sur scène, mobilisé avec passion, travaillé  avec les ouvriers . Il a ramassé des pierres , du sable et il a vécu dans des cabanes. Par suite de ses contributions, la deuxième usine de fabrication d’automobiles a finalement été construite et devenue une autre base importante de l’industrie automobile chinoise. 


Grace aux efforts conjoints de générations de constructeurs automobiles représenté par le camarade Rao que l'industrie automobile chinoise est passée d'une faible à une forte industrie. Maintenant les graines de cette industrie ont déjà fleuri. Bien qu'il ait reçu une éducation en période de pauvreté, cela ne l'a pas empêcher d'exceller dans l'industrie automobile chinoise.