dimanche 26 mars 2017

Commentaire de l'affiche n°1513 du site mepp.freizo.org

Touron Sophie



Affiche n°1513 Propagande pour la réunification avec Taïwan

                Cette affiche de  propagande, datant de mars 1978, et qui a pour titre  « 一定要完成统一祖国的大业 », soit « Nous devons absolument achever la grande tâche d’unifier le pays », représente le président Hua Guofeng, dont l’habillement n’est pas sans rappeler celle de l’ancien leader qui avait contribué à  populariser les vêtements de paysan en toile bleue, avec un petit col [C'est plutôt une tenue classique de cadre, inspirée de la tenue de Sun Yat-sen]. Ce mimétisme, cette année-là, n’est pas le produit du hasard. En effet, Hua Guofeng, un quasi inconnu pour les Chinois, parie sur la popularité posthume de Mao dont il prend l’allure. N’est-ce pas lui aussi qui a été choisi pour prendre en charge la construction du mausolée du Grand Timonier place Tian’anmen et de l’édition du cinquième volume de ses Œuvres choisies relatant la période 1949-1958 ?
 Le sujet de cette affiche de propagande est, comme l’indique le titre en dessous de l’image, la question de la réunification de Taïwan au continent, longtemps après sa délivrance de l’emprise japonaise. Il a été publié deux ans après la mort de Mao Zedong, pendant une période de transition où Hua Guofeng est devenu le président officiel de la République populaire de Chine. Celui-ci, fidèle à la politique de son ancien mentor, a à cœur de réintégrer Taïwan au continent. Les Chinois revendiquent Taïwan comme une de leurs provinces, cependant les Etats-Unis, qui l’avaient libérée de l’emprise des Japonais pendant la 2nde Guerre Mondiale, sont davantage favorables à l’indépendance de Taïwan [Non, l'indépendance n'a jamais été soutenue par les Etats-Unis], et gardent des liens étroits avec elle, d’autant que l’île leur sert de base d’opérations militaires en Asie du Sud-Est, tel que lors de la guerre du Vietnam [En réalité, non. Elle sert de base arrière comme lieu de repos des militaires engagés au Vietnam]. Depuis 1966, les E-U étaient confrontés au dilemme de choisir de reconnaître uniquement soit la RPC, soit Taïwan. En février 1972, dans le Communiqué de Shanghai, présenté en même temps par les E-U et la Chine, les dirigeants des deux pays, Nixon et Zhou Enlai avaient annoncé leur intention de reprendre des relations « normales » et de ce fait, les E-U avaient reconnu l’existence d’une seule Chine et avaient opéré le retrait de leurs forces armées jusqu’alors sur l’île. Cependant la mort de Zhou Enlai, suivie de peu par celle de Mao, en laissant une incertitude quant à la succession au pouvoir va permettre l’émergence à la tête de l’Etat d’un Hua Guofeng très fidèle aux principes politiques de Mao Zedong, et qui n’aura de cesse pendant son court passage au pouvoir de vouloir imiter politiquement et physiquement à l’ancien leader, d’où le thème de la rétrocession de Taïwan et aussi la perpétuation de la pratique du culte de la personnalité afin de se donner une plus grande légitimité.
C’est ainsi que l’affiche le montre au bord d’une falaise, accompagné d’un groupe de personnes, tous regardant au loin. Des militaires de la marine se trouvent à sa droite et l’un d’eux semble lui donner des indications car il tient une paire de jumelles à la main. Plus en avant au premier plan, on voit un autre jeune militaire qui lui, tient à la main un parchemin enroulé, avec à ses côtés une jeune fille qui garde dans sa main un drapeau rouge, sans doute celui communiste car on ne voit pas d’étoiles dessus. On peut voir derrière le président Hua des jeunes gens en uniforme kakis de soldats, ainsi que des jeunes filles. Manifestement ils représentent la jeunesse et le futur de la nation. Cependant l’image dénote une atmosphère solennelle et grave, tous se tiennent droit et regardent dans la même direction que Hua Guofeng, c’est-à-dire vers la mer qui peut symboliser l’avenir de la nation. De plus, on peut remarquer en arrière-plan la présence de canons dirigés eux-aussi vers l’océan, avec un alignement de mariniers en formation. Juste à côté, sur la paroi de la falaise, on peut lire les caractères en couleur jaune «统一祖国 解放台湾 », ce qui signifie « Unifier le pays et libérer Taïwan », qui font écho au titre de l’affiche, en dessous de l’image. La première proposition « unifier le pays » est sans doute une allusion à la situation complexe de 1978. En février, Hua avait présenté devant l’ANP un plan de grands travaux, une sorte de mini Grand Bond et une réhabilitation des quatre modernisations, ce qui ne pouvait que susciter nombre de mécontentements et, inciter Hua Guofeng a chercher par d’autres moyens le soutien des cadres dirigeants de l’APL. Cette affiche de propagande a pour but de soulever le patriotisme national au sujet de la réunification de Taïwan ainsi, la représentation qui est faite, les traits et ainsi que les couleurs, ne heurtent pas le regard. L’image cherche en effet à véhiculer un sentiment d’apaisement  et de normalité alors que le sujet de Taïwan est toujours sensible et le reste encore de nos jours. La rétrocession de Taiwan à la RPC ["Rétrocession" ne s'applique pas ici puisqu'il n'y a pas d'entité pour "rendre". C'est un même pays, selon les protagonistes, mais avec deux régimes en compétition] est un thème fédérateur et récurrent pour les dirigeants de la RPC et qui permet, dans une certaine mesure, de détourner l’attention des difficultés politiques intérieures.
Au final, l’utilisation de ce thème convenu de la rétrocession de Taïwan, n’a toutefois pas permis à Hua de renforcer son pouvoir. Fin novembre et au cours du Comité central du PCC de décembre, c’est Deng Xiaoping et ses partisans qui voient la victoire de leur ligne politique sur celle de Hua.

Commentaire de l'affiche n°1521 du site mepp.freizo.org



Touron Sophie

Affiche 1521 Mao sur chemin campagne :

Mao sur le chemin de campagne : 毛主席视察广东农村Máo zhǔxí shìchá guǎngdōng nóngcūn

Cette affiche de propagande date de 1972, c’est-à-dire après la Révolution culturelle (mai 1966- avril 1969) et se situe dans la période du retour à l’ordre  entre 1969 et 1976. Mao qui a vu son influence d’abord au paroxysme puis régulièrement mise en cause, cherche à conserver un rôle suprême. Dans cette affiche, le dirigeant est représenté en tête d’un cortège de paysans qui l’accompagnent sur un chemin de terre, à la campagne [CH: l'image annonce explicitement la date: 1958 et situe l'épisode au moment du GBA]. Comme toute affiche de propagande, celle-ci a pour fonction de présenter la réalité sous un autre jour, ainsi la représentation des paysans heureux de Guangzhou a pour but d’entretenir le mensonge du succès du Grand Bond en Avant. Dans les faits, cette grande réforme économique lancée par Mao Zedong de 1958 à 1961, à la fois démentielle et irréalisable, fut une véritable catastrophe pour l’économie de la Chine et pour sa population. Aujourd’hui, on estime entre 13 à 30 millions de morts  les dégâts humains, sans compter la destruction quasi-totale des structures  et de l’économie du pays. Bien que les dirigeants du pays eussent tôt fait de se rendre compte de l’échec de la politique qu’ils avaient mis en place, ils se sont pourtant entêtés à la poursuivre, en grande partie pour ne pas entacher l’image de leader éclairé de Mao Zedong, et aussi pour préserver le crédit du Parti communiste. A ces fins, la machine de propagande fut fortement stimulée pour cacher autant que possible la catastrophe et faire croire au succès des réformes, et cela même longtemps après que Mao se soit rendu à l’évidence de l’échec de sa politique. Ici, cette affiche a pour but de restaurer l’image de Mao auprès de la paysannerie pauvre, une des cinq bonnes catégories sociales rouges, avec les ouvriers, les cadres révolutionnaires, les militaires de l’APL, et les martyrs de la révolution.
Ainsi, cette affiche qui date de 1972, soit près de 20 ans après l’arrêt du Grand Bond en Avant contribue à entretenir le mythe. La légende qui accompagne l’affiche précise que le président Mao est allé inspecter la province du Guangdong. Malgré le contraste frappant entre l’habillement du dirigeant (chemise d’un blanc éclatant, pantalon à pattes d’éléphant en flanelle grise et chaussures noires [Il s'agit de 布鞋]) et celui des paysans qui l’accompagnent et qui marchent pieds nus [bien vu], on ne retient du portrait que la joie de vivre et la fierté de ces derniers de pouvoir monter des champs fertiles et bien entretenus de part et d’autre du chemin de terre au dirigeant. Quant à Mao, il semble visiblement satisfait des travaux agricoles qui ont été menés, et son visage affiche une simple expression de bonhomie. Le fait qu’il tienne dans sa main droite un large chapeau de paille, qui est un symbole évident du dur labeur au champ, montre que c’est un dirigeant accessible et qui comprend bien le monde agricole. Il est de toute évidence accueilli comme un père ou un instituteur à qui l’on veut montrer ses progrès. D’ailleurs, on peut remarquer que des enfants semblent accourir pour le rencontrer, notamment une petite fille en chemise rose accompagnée de sa mère, du côté droit de l’affiche, tandis que de l’autre côté, un petit garçon  dépasse une paysanne pour voir le dirigeant. Cette image de père-leader de la nation est renforcée par le fait que Mao dépasse d’une tête toute cette foule qui le suit et se trouve exactement au centre de l’image [bien vu]. Ce n’est pas un hasard si sa tête constitue le sommet du triangle que forme la petite troupe. Le regard du spectateur est donc immédiatement attiré par Mao Zedong, vers qui convergent les lignes de fuite. L’image de Mao est donc, au sens propre comme au sens figuré, grandie. Pour autant, il ne faut pas oublier qu’à ce moment-là, contrairement à ce que laisse penser cette affiche parue quatre années avant sa mort le leader charismatique est malade et vieillissant et ne pratique plus des sorties de ce genre, quelles qu’aient été les illusions massivement entretenues de  sa vigueur et bonne santé depuis sa « légendaire » traversée du Yangzi en 1966. Au total, cette affiche est une des manifestations parmi d’autres du culte de la personnalité du président Mao qui s’amplifia au cours des dernières années de sa vie.

jeudi 23 mars 2017

billet récapitulatif



La révolution culturelle :

Après l’échec de la réforme du grand bond en avant Mao est contraint de quitter la présidence, mais reste, cependant, à la tête du parti du communiste.
Il le réorganise en écartant ses opposants et en s’entourant de ses plus fidèles responsables.
Ils mettent en place un organe de propagande centré sur la figure de Mao. Fidèle à l’idéologie maoïste, le parti communiste développe les concepts de la lutte des classes et revendique l’abolition du capitalisme. Ils parviennent sur un monde paysan politisé à créer un organe militaire parallèle. C’est la jeunesse qui est particulièrement visée. La garde rouge se construit donc sur une population manipulée par une idéologie révolutionnaire. Attisé par les discours véhéments du grand timonier, la jeunesse devient rapidement incontrôlable. On assiste ainsi, à une vague de répression désorganisée et violente. La PlA est alors engagé dans le processus pour tenter de ramener un certain équilibre, mais son intervention restera inefficace. Mao ayant déstabilisé, puis réorganisé le pouvoir, dissout la garde rouge mais les résurgences du mouvement continuerons d’affecter l’état chinois jusque dans ces relations internationales. 

Deng Xiao Ping :

Durant les dernières années de la présidence de Mao, plusieurs candidats tentent de s’assurer la place de second pour pouvoir assurer leur promotion.

A la mort de celui-ci, après de multiples manœuvres politiques Deng Xiao Ping parvient au pouvoir.
Il fait en sorte de cristalliser la figure du grand timonier et s’assure ainsi de conserver le pouvoir autoritaire créer par celui-ci. Deng commence alors une série de réforme.  

Celles -ci aboutissent à une réorientation de l’économie dans différents secteurs tels que le textile ou l’industrie légère. Deng crée des zones franches pour favoriser les investissements extérieurs et prend exemple sur les modelés de Hong Kong Taiwan, Macao… 

La Chine entre dans l’ère d’un capitalisme muselé par un parti communiste dictatorial.
Malgré l’efficacité des mesures entreprissent qui conduisent à une augmentation sans précédent de la croissance économique chinoise, la société est déstabilisée. La libéralisation du marché et le retrait de l’état font apparaitre des problèmes tels que :  L’insécurité de l’emploi, la hausse du chômage, la précarité des populations ouvrières et paysanne, la diminution d’accès aux soins médicaux.


Le printemps chinois :

L’état doit faire face aux ambivalences de sa situation. La Chine se libéralise mais reste soumise à un pouvoir dictatorial. La situation économique censé profiter à tous crées des disparités de plus en plus marquées. Dans l’état chinois libéralisé, le principe de liberté est à construire. 

La crise commence avec les funérailles d’une figure politque dont les étudiants vantent l’incorruptibilité. Ils protestent pour un changement d’ordre idéologique, La libéralisation de la Chine les poussent à vouloir adopter un mode de vie et des valeurs démocratique.
Cette idéologie, l’axe central de leur engagement, conduit à des prises de position de plus en plus tranchés, des actions de plus en plus radicales.

S’entame ainsi un discours avec les représentants politiques partisans de réformes. Les débats parviennent à faire évoluer la situation. Néanmoins les mesures qu’il est possible d’accomplir n’arrivent pas à combler les attentes des syndicats étudiants, trop passionnés par le changement d’un mode de vie plutôt qu’enclin à considérer une évolution institutionnelle. 

Dans l’impasse le gouvernement cède le pas aux éléments du parti plus conservateurs. Ils proclament la loi martiale. Contraint par la pression internationale qui soutient le mouvement, le gouvernement tente d’éviter une confrontation directe. A la suite d’une nouvelle grève de la faim qui attire de plus en plus l’attention de la population chinoise, le gouvernement opte pour la mise en application de mesures radicales. Le PCC face à la remise en cause de son pouvoir et de sa légitimité, poussé par le mouvement étudiant, à montrer ses limites en employant les méthodes répressives du communisme de la première heure. Déstabilisé, l’état usa des moyens de propagandes et de déni pour reconstituer son assise, et contester la réalité des événements.