vendredi 13 avril 2018

ANALYSE D’AFFICHE DE PROPAGANDE 1973-1978




L’affiche a été publiée en avril 1978 et a été réalisée par Xie Mulian. Elle a été publiée par l’organe de publication du peuple de Shanghai (上海人民美术出版社). L’affiche qui date de 1965, avait alors été considérée comme obsolète avant d’être republiée en 1978. Elle mesure 53 par 77 centimètres. Il s’agit d’une grande image très colorée. Le slogan « vendre de manière amicale les fruits d’une récolte exceptionnelle » figure ici en tout petit au bas de l’image. Sur l’image, intégré au décor, il est écrit « Réfléchissons de manière active, passionnée et avec patience ». L’image est une peinture représentant une commerçante souriante, qui pèse des pommes vertes avec une balance mécanique. En face d’elle et au premier plan, il y a des pommes rouges et jaunes. On distingue derrière elle un étalage avec d’autres fruits comme des oranges et des bananes.

Lorsque l’affiche a été publiée pour la première fois en 1965, la Chine se trouvait dans une période de relative libéralisation après l’échec du Grand Bond en avant. En 1962, Liu Shaoqi avait été nommé président de la République en remplacement de Mao Zedong, alors désavoué par le parti. Liu Shaoqi avait alors formé un tandem avec Deng Xiaoping afin de restaurer le marché dans les campagnes et rétablir la production. Cette ligne avait par la suite été écartée puis réprimée pendant la Révolution culturelle. Ce n’est qu’à la mort de Mao en 1976 et lors de la reprise du pouvoir par Deng Xiaoping en 1978 que la libéralisation avait été rétablie.

Cette affiche de propagande défend la libéralisation. La première impression de l’image est celle de la prospérité, incarnée ici par l’abondance et la diversité des fruits dans les étalages. La libéralisation s’oppose à la misère et à la famine, elle consistait à légitimer l’approche pragmatique de ceux qui s’opposaient au collectivisme. La discrétion du slogan par rapport au reste de l’image consiste à valoriser le réel plutôt que les « discours creux ». L’affiche de propagande met en valeur le petit commerce individuel, incarné ici par la jeune commerçante et sa balance mécanique. Il ne s’agit pas d’exhorter à la consommation de masse, mais plutôt d’instiller une vision populaire du marché, qui s’appuie sur la paysannerie plutôt que sur l’entreprise urbaine. Le visage de la jeune femme est le même que celui des paysannes que l’on trouve sur les autres affiches de propagande. Sa coupe de cheveux et son uniforme symbolisent une libéralisation qui se limite à l’économie, rejetant la liberté et l’individualisme, qui sont les valeurs de l’ennemi et de l’occident. L’image préfigure le « socialisme de marché » : le marché qui n’a pas d’autres buts que la prospérité et le développement des forces productives, le marché qui légitime le parti communiste et non l’individu.



1 commentaire:

  1. Vous tendez à projeter sur cette image des choses qui n'y sont pas. Les termes comme "libéralisation" ou "marché" que vous associez à LIU Shaoqi sont anachroniques et erronés sur le fond. Il s'agit après la catastrophe du GBA de remettre l'économie en marche. En 1965, on y est presque. Par ailleurs, en quoi cette image diffre-t-elle des posters très comparable d'abondance de produits du GBA?

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